Le goût du bon pain


Les femmes et la boulangerie

Intérieur de boulangerie
Joseph Bail
(1862-1921)

Femme et boulangerie

La boulangerie reste encore aujourd'hui un métier d'homme. Il suffit d'observer les écoles de formation qui affichent des taux de féminisation dérisoires.

Dans les boulangeries telles qu'elles sont apparues au dix-neuvième siècle, il était courant que le commerce soit tenu par la femme du boulanger. Elle se chargeait des comptes de l'entreprise (complexes car on payait à crédit) et des relations avec les clients. Mais l'homme restait roi au fournil.

En effet, le travail est resté jusque récemment physiquement très pénible. Les grandes innovations comme le pétrin électrique, la diviseuse-façonneuse ou l'armoire réfrigérée ne se sont généralisées que dans les années soixantes.

De nos jours, la répartition du travail dans les boulangeries n'a guère évoluée. La plupart des entreprises fonctionnent en couple, l'homme au fournil et la femme au magasin.

Femme boulangère

Cette difficulté à féminiser la profession se retrouve jusque dans les mots. Quel est donc le féminin de boulanger ? Boulangère ? Ce mot désigne déjà la femme du boulanger qui tient le commerce. Il ne reste de disponible que quelques mauvais néologismes comme boulangeuse. La question reste ouverte.

Femme du boulanger

Elle a été immortalisée par Marcel Pagnol (Marcel Pagnol, La femme du boulanger, 1938). Depuis que la boulangère était partie avec un berger, le boulanger refusait de travailler. Pour retrouver leur pain, les villageois se chargent de la faire revenir et l'homme, bon comme du bon pain, lui pardonne. La réplique de la boulangère est célèbre : "Une bonté comme la tienne, c'est pire que des coups de bâton."


Bruno Masson, 2005. Document sous licence GPL.